Publications 

Florence Gourlay, Clément Marinos. L’ émergence d’un territoire d’action et de projet : Bretagne Sud, entre coopération et indécision. Pouvoirs Locaux : les cahiers de la décentralisation / Institut de la décentralisation, N°111, Janvier 2018. 

Contrairement à la Bretagne, la Bretagne Sud n’est pas un territoire politico-administratif : elle ne fait l’objet d’aucun système de gouvernance institutionnel, ne dispose pas de compétences propres, et aucun cadre légal n’en définit les frontières. Pourtant, la Bretagne Sud est mobilisée par les acteurs locaux dans leur quotidien. Près de 200 entreprises, associations et organisations utilisent par exemple le vocable « Bretagne Sud » dans leur dénomination. Les flux fonctionnels (migrations domicile-travail notamment) et les réseaux d’acteurs (institutionnels et économiques) témoignent en outre d’un espace socio-économique cohérent.

La Bretagne Sud réunit les caractéristiques d’un territoire vécu et renvoie à des représentations communes de la part des habitants, des organisations (publiques et privées) et des élus locaux. Comment ces représentations communes et les dynamiques économiques et sociales sur un territoire informel nourrissent-elles aujourd’hui un positionnement politique d’affirmation et de renégociation de la place de villes moyennes et territoires intermédiaires entre Quimper, Lorient et Vannes ? La réponse à cette problématique a nécessité de mener deux enquêtes, la première auprès des principaux élus locaux du territoire, la seconde auprès des organisations mobilisant le vocable « Bretagne Sud ». En termes de résultats, la présente communication propose de revenir dans un premier temps sur la trajectoire sociohistorique de la Bretagne Sud en insistant particulièrement sur les liens entre les trois principales agglomérations qui la composent. Elle examine ensuite comment la Bretagne Sud s’est muée dans la période contemporaine en un territoire politique d’action et de projet reflétant une posture stratégique des acteurs politiques locaux contre les logiques à l’œuvre d’affirmation d’une exception métropolitaine. L’objectivation du territoire passe notamment par la réalisation, par les agences de développement économique, d’un atlas révélant les dynamiques socio-économiques du territoire. Les acteurs politiques et techniques construisent et alimentent un discours sur cette « évidence » territoriale. Ils s’inscrivent ainsi dans un processus récursif, en menant des actions ciblées dans un cadre interterritorial souple et non formalisé mais présenté, de plus en plus, comme cadre de référence de leur action. Enfin dans un dernier point, la communication examine les éléments qui mettent en tension cette démarche de fabrication et d’instrumentalisation de Bretagne Sud, territoire entendu par les acteurs politiques comme la figure de la métropole en réseau, témoignant d’une possible variation et/ou réaction au modèle métropolitain dominant. 

Un article de Ronan Le Délézir

Le Littoral en questions.

Revue Urbanisme, N°401 Juillet 2016, 

 

Edito par Jean-Michel Mestres

Dans toute leur diversités géographique, écologique, mais aussi économique, touristique et urbanistique, les 5 500km du littoral métropolitain, dont 1 000km sont urbanisés et 2 000km mités, constituent une richesse exceptionnelle. Des falaises en péril de la Côte d’Albâtre (Normandie) aux stations du Languedoc-Roussillon issues des grandes politiques d’aménagement de l’État des années 1960, de l’urbanisation quasi totale des rivages des Alpes-Maritimes aux dunes très peu construites mais exposées aux risques naturels de la côte aquitaine, le littoral français témoigne d’une appropriation souvent effrénée, parfois prudente mais rarement anticipatrice de cette « interface » que décrit le géographe Stéphane Costa. Entre l’impératif de préservation du cadre naturel et les nécessités d’un développement économique et touristique, peut-on résoudre la contradiction sans sacrifier l’un à l’autre ? C’est la question centrale de ce dossier qu’évoque un universitaire spécialiste des stations touristiques, Vincent Vlès, qui s’interroge sur l’expression « une urbanisation contre nature ».
Aujourd’hui, les risques liés à l’érosion, amplifiés par l’urbanisation, focalisent l’attention. Le ministère de l’Environnement s’est doté d’une stratégie nationale de gestion du trait de côte. Après un premier appel à projets, il vient de lancer un appel à idées pour nourrir la réflexion « autrement que par la lutte contre la mer », selon l’expression de la députée Pascale Got qui en préside le comité national de suivi. Plus que sur la construction de systèmes de défense, solutions de court terme, l’accent est mis sur la relocalisation des personnes, des biens et des activités. Ce qui suppose de penser l’avenir en termes de projets de recomposition territoriale. Mais elle se heurte à des oppositions fortes, tant des particuliers que des élus locaux, et à la question des financements. Ce que montrent l’enquête d’Arnaud Paillard à Lacanau et à Soulac-sur-Mer (Gironde) et l’article de Franck Hulliard sur la situation à Ault (Somme). Pourtant, déplore Stéphane Costa, par ailleurs président du conseil scientifique de la stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte, « le prix de l’attentisme est bien supérieur ».
« L’aménagement des littoraux est une difficile alchimie », rappelle un autre géographe, Ronan Le Délézir. Il plaide pour que le littoral trouve son équilibre entre ceux qui y vivent, ceux qui en vivent et ceux qui y viennent. « Le tout résidentiel ne marche pas », écrit-il. Reste que l’urbanisation littorale est liée au poids de l’investissement touristique, explique Vincent Vlès qui brosse à grands traits une histoire des stations françaises et des problématiques auxquelles elles sont confrontées. Il met en évidence un enjeu moins visible que celui du risque physique, mais économiquement très sensible : le vieillissement des équipements et l’obsolescence d’une partie des hébergements touristiques. Si des stations réinvestissent dans la transformation de leurs espaces publics, elles manquent de leviers pour inciter les propriétaires de résidences secondaires à suivre le mouvement alors que celles-ci représentent le gros de l’offre d’hébergement. Le résultat : une perte d’attractivité liée et des lieux marqués par une trop forte saisonnalité. Le mouvement est pourtant lancé. Des stations emblématiques, d’âge et de modèles d’aménagement différents, entament leur transformation en « villes balnéaires » : c’est le cas de Saint-Jean- de-Monts (Vendée) et de la Grande Motte, près de Montpellier. Les ports de plaisance, autre pièce importante du dispositif, sont eux-mêmes confrontés à la nécessité de faire évoluer leurs modèles économique et urbanistique. Dans ces conditions, comment appréhender la planification sur ces territoires ? C’est à cette question difficile que répondent trois agences d’urbanisme, réunies au sein du Club Territoires maritimes et portuaires de la FNAU, à travers les exemples des SCOT du Pays de Brest, du Pays Le Havre-Pointe de Caux Estuaire et de Provence Méditerranée (Var). Ces territoires doivent être compris comme « ceux de toutes les innovations urbanistiques et portuaires. Comme nulle part ailleurs, ces espaces multiples posent des questions de voisinage, d’acceptation, de conciliation, de confrontation, de cohabitation, de passage », selon les contributeurs du Club. Vous avez dit « innovation » ? La question était au cœur du 2e concours d’idées porté par des chercheurs de l’Université de Lille 1 sur un territoire littoral, celui de la Côte d’Albâtre qui cherchait à se projeter à trente ans. Ce dossier s’achève donc par quelques pistes utopiques. C’est bien le moins quand il s’agit de « réinventer les territoires littoraux ».

Un article de Célia Dèbre et Florence Gourlay dans l'ouvrage collectif "Qualité urbaine, justice spatiale et projet", paru en 2014

 

Depuis les années 1980, la question de la qualité des espaces publics est devenue un objet significatif des débats et des pratiques d’aménagement. Mais au delà de la mise en ordre et du lissage de l’espace, comment les usages, les pratiques et représentations des habitants sont-ils pris en compte par les maîtres d'ouvrage et les concepteurs? La ville «juste», dont les qualités seraient équitablement partagées par tous, est-elle une utopie? Comment faire en sorte que les projets urbains reflètent les aspirations de l'ensemble des groupes sociaux? Au milieu de ces incertitudes, nous savons déjà que le futur de nos sociétés urbaines dépendra de notre capacité à changer de modèle énergétique, mais aussi à inventer des espaces urbains résilients où il fera bon vivre. Une telle rupture fera appel aux décideurs et à des portages politiques ambitieux. Elle nécessitera des investissements importants et la mobilisation de nouveaux savoirs. Elle exigera aussi une participation active de la société civile. À côté de la création de nouvelles formes et de la transformation des fonctions urbaines se dessine aujourd'hui la perspective de la création d’espaces livrés à l’expérimentation collective, plus écologiques, enchantés par des ambiances inédites, capables de condenser le lien social, de renforcer l’urbanité et de ménager la ville ordinaire.

 

SOMMAIRE

Les auteurs

Introduction générale

I Qualité urbaine et espace public: la ville habitable

II Justice spatiale et droit à la ville: la ville habitable

III La ville en projet: nouveaux défis, de la macroéchelle au quartier

La méthode d’analyse des sociotopes comme révélateur des représentations de la planification de la ville durable – Célia Dèbre, Florence Gourlay

Conclusion générale: vers une approche renouvelée du projet?

Postface – Justice spatiale: une boussole pour l’action urbaine – Jacques Lévy

 

Ronan Le Délézir et Florence Gourlay ont publié, en 2011, aux éditions Autrement, "Atlas de la Bretagne, les dynamiques du développement durable"

 

Entre la Bretagne réelle, qui a connu un développement très rapide en moins d'un siècle, et une Bretagne rêvée, celle des touristes et des artistes, de quelle Bretagne parler ? Une idée s'est imposée : montrer l'extraordinaire défi qu'elle doit relever en s'inscrivant dans un nouveau modèle de développement viable, vivable et équitable et faire un portrait de la Bretagne aujourd'hui, de ses habitants, de ses agriculteurs, ses pêcheurs mais aussi ses ingénieurs, spécialistes des nouvelles technologies, ses entrepreneurs qui inventent de nouveaux circuits. Quel développement économique est à l'oeuvre, comment préserver la cohésion sociale ainsi que l'environnement et les ressources naturelles, ces atouts qui en font une des régions les plus attractives ?

Grâce à plus de 100 cartes créées pour cet ouvrage, un texte clair et facile à lire, de nombreux encadrés « Repères », l'Atlas de la Bretagne, illustré de près de 50 photos, nous fait découvrir une région multiple, riche et dynamique sous un jour nouveau. De Rennes à Brest, de l'Armor à l'Argoat, les auteurs nous promènent dans une Bretagne plurielle et nous appellent à penser « durable ».

 Avec l'Atlas de la Bretagne, c'est la question du développement durable et de sa mise en oeuvre qui sert de fil directeur à l'analyse fine des atouts de la région.

 

En vente ici

Paru en 2007, Le littoral agressé,  sous la direction de Ronan Le Délézir et Yves Lebahy

 

Depuis la fin des années 90, les littoraux de la Bretagne, ceux de la côte sud plus particulièrement, connaissent des transformations profondes et brutales. Si toutes ne sont pas apparentes, un phénomène au moins est directement perçu par les populations qui y résident : celui de la pression foncière. Il se traduit par une envolée des prix des terrains et de lʼimmobilier ce qui peut paraître une chance pour certains, mais traduit en fait la déstabilisation dʼune société qui découvre la marginalisation de ses activités traditionnelles et lʼexclusion sociale et intergénérationnelle dʼune grande part de sa population. Ce phénomène nʼest pas propre à la région. Il sʼexprime sur tous les littoraux de France et du monde.Que faire face à cette transformation brutale de nos sociétés et de leurs activités, de nos paysages et de notre patrimoine ? Le problème est complexe et concerne toute notre société. Car plus globalement, cʼest toute lʼidentité de cet espace unique qui est en train de disparaître au profit dʼune occupation déstructurée et irréversible. Nʼa-t-elle pas alors le devoir de réagir, au nom des solidarités internes et de lʼintérêt commun, à ces effets néfastes résultant dʼune absence dʼanticipation et de lʼunique lecture marchande qui actuellement domine les espaces etles hommes.Nʼest-ce pas lʼoccasion, au contraire, de définir une vision globale et à long terme ? Ce livre tente de proposer des solutions qui sʼappuient sur les moyens actuellement à notre disposition notamment en matière de législation de lʼaménagement pour formuler dʼautres choix, sur les expériences en cours ici ou là, sur les orientations défi nies dans un contexte de développement durable. Il pose enfin la question essentielle de lʼengagement politique et citoyen, dans la définition dʼun vrai projet régional, aujourdʼhui plus que nécessaire à la survie des communautés littorales. Ces questions ne sont pas spécifiques à la Bretagne. Elles concernent aujourdʼhui tous les littoraux. À notre société, interpellée par ces enjeux, dʼouvrir des voies nouvelles et de trouver les réponses les plus globales possibles.

 

Paru en 2008, NANTES, PETITE ET GRANDE FABRIQUE URBAINE
sous la direction de Laurent 
Devisme

 

Nantes connaît, depuis une dizaine d’années, d’importants changements, tant

organisationnels que relatifs aux territoires urbanisés. Qu’ils soient impulsés par la ville ou la communauté urbaine, les projets urbains incarnent, dans
ce contexte, des enjeux multidimensionnels.

On se propose ici d’examiner la façon dont s’imbriquent les stratégies, volontés explicitées, intentions politiques et l’ordinaire de l’action sur le terrain : grande et petite fabrique de la ville.

Si cette « fabrique » est intentionnelle, elle ne se
limite pas à ce que produisent les pouvoirs publics. Les processus en jeu mis en évidence font apparaître les différentes « couches » d’intervenants, leurs pouvoirs, instruments et cultures professionnelles
à l’œuvre. Le regard des auteurs prétend à autre chose qu’à de la passivité ou de la complaisance en révélant le fond de plan nantais, les routines et les discours officiels, la ville en train de se faire en somme.
Ce livre est le premier d’une série de monographies spécifiques à chacune des villes ayant participé au programme Popsu (Plate-forme d’observation des projets et stratégies urbaines).

 

 

Sous la direction de :  Laurent Devisme

Textes de : Pierre-Arnaud Barthel, Célia Dèbre, Laurent Devisme, Marc Dumont, Élise Roy. 

 

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